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NIRO


« Mon rap, plus que de la musique, c'est de l'identification »

Révélé en 2012 avec «Paraplégique», le rappeur revient avec son nouvel album «Miraculé». Révélé par les compilations Street Lourd en 2010, Niro est devenu en quatre ans l'un de ceux qui comptent dans le rap français. Sorti au début du mois de juin, son deuxième album -Miraculé- s'est déjà vendu à 10 000 exemplaires, et une tournée se prépare pour l'automne. Rencontre dans un café parisien avec le rappeur originaire de Blois, qui carbure, pour l'occasion, au jus d'ananas.

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Je voulais donner du sens à cette trilogie. J'ai commencé avec Paraplégique, parce ce que ma musique était condamnée à ne pas marcher. J'y croyais pas trop, même si j'ai tout fait pour. Comme ça a fonctionné j'ai signé chez AZ, c'était un bon début, comme une rééducation. Et voilà, finalement Miraculé, parce que je sors un deuxième album, ça marche alors qu'au départ ce n'était vraiment pas gagné. Mais attention, je ne compare pas ça au fait d'avoir un handicap physique, je ne prétends pas connaître leur mal, c'était surtout pour imager la chose. D’après ce qu’on me dit, les gens me trouvent sincère. Je ne fais pas le poisson mort qui se laisse porter par le courant, les modes. Je n’ai jamais essayé de faire des tubes radio, je ne passe pas mon temps à faire la fête, donc je ne sais pas pourquoi je chanterais la fête. Ma vie ce n’est pas ça, ça ne l’a jamais été. Mais je ne veux pas tomber dans la victimisation: je raconte juste ma vie. C’est cette véracité qui plaît aux gens je pense, la façon dont je décris la réalité. J’ai l’impression que c’est plus que de la musique, c’est de l’identification. La vie que je raconte, c’est la mienne, mais c’est aussi celle du public. Et au final, ça devient une relation humaine plus que musicale.

Je voulais qu'il y en ait pour tout le monde, sans que ça change mon discours. C'est un challenge de rester soi-même après autant de projets. J'ai essayéde varier les instrus, les flows. J'ai un morceau, TKt mm pas, qui est à 50 bpm, les placements sont beaucoup plus compliqués, il y a plus de pieds, plus de mesures… Il faut être mathématicien pour pouvoir poser sur un beat très lent. C'est Therapy qui me l'a proposé en 2013, pour Rééducation. On ne se connaissait pas, mais ça paraissait pas mal de réunir les deux qui avaient le vent en poupe. Ça ne s'est finalement pas fait à l'époque. Puis, pour Miraculé, on s'est rencontrés et le feeling est bien passé. C'est quelqu'un de très gentil, il m'a bien accueilli à Sevran.

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